Démission d’un cadre
Quelles conséquences avant de partir ?
3 minutes pour comprendre
Démissionner peut sembler être la manière la plus simple de quitter son entreprise lorsqu’on ne s’y projette plus ou que la relation de travail s’est dégradée.
C’est souvent une décision longuement mûrie. La plupart des cadres que je rencontre ne prennent pas cette décision à la légère : ils veulent partir, tourner la page et, dans certains cas, rejoindre rapidement une autre entreprise.
Le problème, c’est que la démission d’un cadre produit des conséquences importantes et qu’elle n’est pas toujours neutre sur le plan financier ou stratégique.
Que faut-il vérifier avant de démissionner ?
Avant d’envisager une démission, plusieurs points méritent d’être examinés :
- la durée du préavis ;
- les conséquences sur l’assurance chômage ;
- les sommes qui seront versées au moment du départ ;
- la rémunération variable, les bonus ou les éventuelles actions gratuites ;
- les conditions du nouvel emploi lorsqu’un poste a déjà été trouvé ;
- et les autres possibilités de départ lorsque la situation permet encore une négociation.
Beaucoup de salariés raisonnent d’abord à partir de ce qu’ils veulent quitter. Un environnement devenu difficile, une relation dégradée avec leur direction, une perte d’intérêt pour le poste ou simplement l’envie de saisir une nouvelle opportunité. Mais avant de démissionner, il faut aussi regarder ce que cette décision implique pour la suite.
Anticiper les conséquences de sa démission
Un nouvel emploi peut comporter une période d’essai. Les droits au chômage ne sont pas les mêmes selon les situations. Et lorsque les relations avec l’employeur sont déjà tendues, prendre soi-même l’initiative du départ peut également réduire les marges de négociation.
Cela ne signifie pas que la démission d’un cadre est toujours une mauvaise décision.
Mais il faut la prendre en connaissance de cause, après avoir vérifié ce qui est réellement sécurisé et ce qui ne l’est pas.
Démissionner, ce n’est pas seulement décider de partir. C’est aussi choisir dans quelles conditions on quitte l’entreprise.
Réflexions du quotidien sur
la démission d'un cadre
« J’avais trouvé un autre poste, alors j’ai démissionné »
Un cadre me contacte après avoir quitté son entreprise pour rejoindre un nouvel employeur.
Au moment de sa démission, tout semblait sécurisé : une promesse d’embauche, un meilleur salaire et l’envie de tourner la page rapidement.
Il n’avait simplement pas vraiment regardé ce qui se passerait si la nouvelle collaboration ne fonctionnait pas.
Or, changer d’emploi signifie souvent repartir avec une période d’essai et donc avec une situation moins stable qu’elle n’en avait l’air quelques semaines auparavant.
Avant de démissionner pour rejoindre une autre entreprise, il faut donc regarder le nouveau contrat, les conditions de la période d’essai et les conséquences d’une éventuelle rupture.
L’existence d’un nouveau poste ne suffit pas toujours à rendre le départ totalement sécurisé.
« Je suis partie parce que je n’en pouvais plus »
Une cadre démissionne après plusieurs mois de tensions avec sa direction. Elle explique qu’elle ne veut plus se battre et qu’elle préfère partir sans conflit. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’elle se demande si elle n’a pas agi trop vite.
Lorsqu’une démission d’un cadre intervient dans un contexte de difficultés importantes avec l’employeur, il faut prendre le temps de comprendre ce qui conduit au départ avant d’envoyer sa lettre.
Une démission doit traduire une volonté claire et non équivoque de mettre fin au contrat. Lorsqu’elle est directement liée à des manquements reprochés à l’employeur, la situation peut être juridiquement différente et mérite une analyse avant de prendre une décision.
Cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement engager un conflit. Mais lorsqu’on quitte une entreprise parce que la situation est devenue intenable, mieux vaut savoir précisément ce que l’on fait avant de formaliser son départ.
« J’ai demandé une rupture conventionnelle.
Mon employeur a refusé, alors j’ai démissionné »
Un cadre souhaite quitter son entreprise et propose une rupture conventionnelle. L’employeur refuse. Il considère alors qu’il n’a plus d’autre choix et remet sa démission quelques jours plus tard.
Pourtant, un refus de rupture conventionnelle ne signifie pas toujours qu’aucune autre discussion n’est possible. Tout dépend du contexte, de la volonté réelle de l’entreprise de voir partir le salarié et des éventuels enjeux liés à son départ.
En annonçant trop vite qu’il partira quoi qu’il arrive, le salarié peut surtout révéler qu’il n’a pas l’intention de rester. Cette annonce peut modifier la manière dont l’employeur mènera la suite des échanges.
Avant de démissionner, il peut donc être utile de prendre un peu de recul et de vérifier si toutes les options ont réellement été examinées.
Les erreurs qui reviennent souvent dans la démission d’un cadre :
Ces situations ont un point commun : la décision de partir intervient souvent en pensant d’abord à l’urgence de quitter l’entreprise.
- démissionner dès qu’un nouvel emploi est trouvé sans regarder précisément les conditions de la période d’essai ;
- envoyer sa lettre sous le coup d’une situation devenue difficile ;
- considérer qu’un refus de rupture conventionnelle ferme nécessairement toute discussion ;
- ne pas vérifier les conséquences de la démission sur le chômage et les éléments de rémunération restant en jeu ;
- oublier de regarder ce que prévoient le contrat de travail et la convention collective sur le préavis ;
- annoncer trop tôt à l’employeur que l’on partira dans tous les cas.
Le bon moment pour agir
C’est avant d’envoyer la lettre de démission.
À ce stade, il est encore possible de vérifier les conséquences du départ, de relire son contrat, d’examiner les conditions d’un nouvel emploi et de regarder si une autre solution peut être envisagée.
Une fois la démission donnée, la situation change. Il est donc préférable de prendre cette décision après avoir regardé l’ensemble du dossier, plutôt qu’au moment où l’on cherche simplement à sortir au plus vite d’une situation devenue inconfortable.
Questions fréquentes
Démission d’un cadre
Un cadre a-t-il droit au chômage après une démission ?
Pas automatiquement.
En principe, la démission constitue une rupture à l’initiative du salarié et n’ouvre donc pas, à elle seule, droit à l’assurance chômage.
Il existe toutefois certaines situations dans lesquelles une démission peut permettre une indemnisation. Avant de partir, il est donc important de vérifier sa situation plutôt que de considérer que les droits au chômage seront nécessairement ouverts.
Quelles indemnités sont versées en cas de démission ?
La démission n’ouvre pas droit à une indemnité de licenciement ou à une indemnité de rupture conventionnelle.
Le salarié perçoit en revanche les sommes qui lui restent dues au titre de l’exécution du contrat : salaire, congés payés non pris et, selon les situations, certains éléments de rémunération variable.
Pour un cadre, il faut notamment regarder les règles applicables aux bonus, primes, actions gratuites ou autres dispositifs de rémunération différée avant de fixer la date du départ.
Quel préavis doit respecter un cadre qui démissionne ?
La durée du préavis dépend généralement de la convention collective, du contrat de travail ou des usages applicables.
Il faut donc la vérifier avant d’annoncer son départ, notamment lorsqu’un nouvel employeur souhaite une prise de poste rapide.
Le salarié peut demander à son employeur de le dispenser de tout ou partie de son préavis, mais celui-ci n’est pas nécessairement tenu d’accepter.
Que se passe-t-il si ma période d’essai est rompue après ma démission ?
La situation dépend notamment des conditions dans lesquelles le salarié a quitté son précédent emploi et de la durée du nouvel emploi.
Il ne faut donc pas partir du principe qu’une rupture de période d’essai permettra automatiquement de bénéficier de l’assurance chômage.
Lorsqu’un cadre démissionne précisément pour rejoindre une autre entreprise, ce point mérite d’être vérifié avant le départ.
Vaut-il mieux démissionner ou demander une rupture conventionnelle ?
Il n’existe pas de réponse valable dans toutes les situations.
La rupture conventionnelle suppose l’accord de l’employeur, alors que le salarié peut démissionner seul. Mais leurs conséquences ne sont pas les mêmes, notamment en matière d’indemnité et d’assurance chômage.
Avant de choisir, il faut donc regarder le contexte du départ, la situation financière et professionnelle du salarié et la possibilité réelle d’une négociation.
Faut-il démissionner lorsque la relation de travail est devenue difficile ?
Pas nécessairement.
Lorsque le salarié envisage son départ à la suite de pressions, d’une mise à l’écart ou d’un management devenu difficile, l’envie de partir rapidement peut être forte.
Mais envoyer immédiatement une lettre de démission peut réduire les possibilités qui existaient encore avant la rupture.
La démission doit résulter d’une volonté claire et non équivoque de mettre fin au contrat.
Peut-on revenir sur une démission ?
Une démission régulièrement donnée n’est pas librement révocable par le salarié.
La situation peut toutefois être différente lorsque la volonté de démissionner était équivoque ou lorsque la rupture intervient dans un contexte particulier.
C’est notamment pour cette raison qu’il vaut mieux éviter de démissionner dans l’urgence, puis chercher seulement ensuite à revenir sur sa décision. Il faut distinguer la simple rétractation d’une démission régulièrement donnée de la contestation d’une démission qui ne résulterait pas d’une volonté claire et non équivoque.
Peut-on contester une démission après avoir quitté l’entreprise ?
Dans certaines situations, oui.
Une démission peut notamment être discutée lorsqu’elle ne correspond pas à une volonté claire et non équivoque de quitter l’entreprise ou lorsqu’elle est directement liée à des manquements reprochés à l’employeur.
Mais une démission écrite, donnée sans réserve et contestée seulement longtemps après le départ est beaucoup plus difficile à remettre en cause.
Quand consulter un avocat avant de démissionner ?
Idéalement avant d’envoyer la lettre ou d’annoncer définitivement son départ.
C’est à ce moment qu’il est encore possible de comparer les différentes options, de vérifier les conséquences financières de la démission, d’examiner le nouvel emploi et de déterminer s’il existe une autre manière d’organiser le départ.
Vu sur le web
Une ressource officielle qui fait le point sur les principales conséquences d’une démission d’un cadre : conditions pour démissionner, préavis, sommes versées au départ et droits éventuels à l’assurance chômage. Elle rappelle également que la démission doit traduire une volonté claire et non équivoque du salarié.
2 minutes pour tout comprendre – La démission – France Travail
Une analyse juridique complète de la démission et de ses conséquences. L’article revient notamment sur la nécessité d’une volonté claire et non équivoque, le préavis, les sommes dues à la fin du contrat…Mais aussi la possibilité de contester certaines démissions et les conditions dans lesquelles un salarié démissionnaire peut bénéficier de l’assurance chômage.
Prendre rendez-vous
La démission d’un cadre ne se résume pas à l’envoi d’une lettre.
Avant de partir, il faut vérifier ce que cette décision implique concrètement :
préavis, chômage, rémunération variable, nouvel emploi et éventuelles alternatives au départ.
Vous envisagez de démissionner ? Vous avez déjà trouvé un nouveau poste ?
Ou bien vous hésitez entre une démission, une rupture conventionnelle ou une autre solution ?
Un premier échange permet de faire le point sur votre situation, de mesurer les conséquences de votre départ et de vérifier si une autre option peut être envisagée avant de prendre une décision définitive.




